Les finances publiques en cinq minutes
Quatre notions suffisent pour lire ce site : le PIB, le déficit, la dette et les intérêts.
Ce qui entre dans le PIB, et ce qui n'y entre pas
Le PIB mesure la production. La dépense publique n'y entre que pour une part : les salaires des agents publics, les achats et l'investissement public. Les retraites, les allocations ou les intérêts n'y entrent pas : ils redistribuent un revenu déjà produit. C'est pourquoi la dépense publique peut représenter 57 % du PIB sans être « 57 % de l'économie ».
Déficit et solde primaire
Le déficit est ce qui manque pour couvrir l'ensemble des dépenses avec les recettes, investissements compris. Si l'on retire les intérêts de la dette, on obtient le solde primaire. Déficit = déficit primaire + intérêts. En 2025, le déficit était de 152,5 Md€, dont 66,6 Md€ d'intérêts.
Pourquoi la dette augmente plus que le déficit, ou moins
Chaque année, la dette augmente du déficit, plus des opérations qui ne passent pas par le déficit : prêts, prises de participation, variation de la trésorerie de l'État. C'est l'ajustement stock-flux.
L'effet « boule de neige »
Le poids de la dette dans le PIB dépend de deux forces : le taux d'intérêt payé sur la dette, qui la fait grossir, et la croissance de l'économie en euros courants, qui augmente le dénominateur. Quand le taux dépasse la croissance, la dette rapportée au PIB augmente même sans déficit primaire.
Les mots du site
- PIB
- Le produit intérieur brut mesure la valeur de tout ce qui est produit en France en un an : environ 3 000 milliards d'euros en 2025.
- Agrégat de la comptabilité nationale (SEC 2010), ici en valeur (euros courants).
- Croissance réelle
- La hausse du PIB une fois retirée la hausse des prix. C'est la croissance « en volume » dont on parle dans l'actualité.
- Variation du PIB en volume aux prix chaînés de l'année précédente.
- Croissance nominale
- La hausse du PIB en euros courants : croissance réelle plus hausse des prix. C'est elle qui compte pour les ratios de dette.
- (1 + g) × (1 + π) − 1, avec π le déflateur du PIB.
- Inflation et déflateur
- L'inflation mesure la hausse des prix à la consommation. Le déflateur du PIB mesure la hausse des prix de tout ce qui est produit ; c'est lui qu'utilise le modèle.
- Déficit public
- Ce qui manque chaque année pour couvrir toutes les dépenses publiques avec les recettes. Il faut l'emprunter, ce qui augmente la dette.
- Besoin de financement des administrations publiques (B.9, notion « Maastricht ») : État, collectivités locales et Sécurité sociale.
- Solde primaire
- Les recettes publiques moins les dépenses publiques, avant paiement des intérêts de la dette. Un solde primaire négatif s'appelle un déficit primaire.
- Solde public + intérêts versés (D.41). Déficit = déficit primaire + intérêts.
- Dette publique
- L'ensemble de ce que les administrations publiques ont emprunté et pas encore remboursé.
- Dette au sens de Maastricht : brute, consolidée, en valeur nominale.
- Dette / PIB
- La dette rapportée à la richesse produite en un an. 115 % signifie que la dette représente un peu plus d'une année de production.
- Charge de la dette
- Les intérêts payés chaque année sur la dette. Ils augmentent quand la dette grossit et quand les taux d'intérêt montent.
- Intérêts versés par les APU (D.41, Eurostat).
- Taux apparent
- Le taux d'intérêt moyen payé sur l'ensemble de la dette. Il change lentement, car seule une partie de la dette est empruntée de nouveau chaque année.
- Intérêts de l'année / dette de fin d'année précédente.
- Effet « boule de neige »
- Quand le taux d'intérêt payé sur la dette dépasse la croissance de l'économie, le poids de la dette augmente tout seul, même sans nouveau déficit primaire.
- (i − γ) / (1 + γ) × dette / PIB de l'année précédente.
- Ajustement stock-flux
- Ce qui fait varier la dette sans passer par le déficit : prêts, prises de participation, variation de la trésorerie de l'État.
- Variation de la dette − déficit.
- Recettes publiques
- Impôts, cotisations sociales et autres revenus des administrations publiques.
- Dépense publique
- Toutes les dépenses des administrations : salaires, achats, prestations sociales, investissements, intérêts. Une partie seulement entre dans le PIB.
- Les transferts (retraites, allocations) et les intérêts redistribuent un revenu ; ils ne sont pas de la production.
- Investissement public
- Les dépenses qui créent un équipement durable : routes, bâtiments, matériel, logiciels. Il compte dans le déficit l'année où il est réalisé.
- Formation brute de capital fixe des APU (P.51g).
- Scénario de référence
- Ce qui se passerait si aucune nouvelle mesure n'était prise. Chaque programme est comparé à ce scénario, avec les mêmes hypothèses.
- Multiplicateur
- L'effet d'une mesure budgétaire sur l'activité : 0,7 signifie qu'un milliard dépensé augmente le PIB de 0,7 milliard.
- Profils issus des variantes du modèle FR-BDF de la Banque de France.
- Législation constante
- Les lois en vigueur aujourd'hui, sans les projets non encore votés.
