La trajectoire de référence, sans nouvelle mesure
2017-2025 observé, 2026 estimé, 2027-2032 projeté à lois inchangées : le scénario de référence auquel chaque programme sera comparé.
Testez vos propres hypothèses
Modifiez la croissance, les prix, les taux ou la dépense de 2027 à 2032. Votre scénario s'affiche en bleu sur tous les graphiques, à côté de la référence. Il reste dans ce navigateur.
Sans nouvelle mesure, le déficit se creuse au lieu de se résorber.
Ce que cette trajectoire signifie concrètement
Des ordres de grandeur et des repères vérifiables pour la trajectoire de référence, sans nouvelle mesure. Le site ne prédit pas de crise : il montre ce qu'il faudrait, ce que prévoient les règles et ce qui s'est passé ailleurs.
Population et nombre de ménages actuels (69,1 millions d'habitants, INSEE ; 31,3 millions de ménages, INSEE), euros courants.
Ce qu'il faudrait pour stabiliser la dette en 2032
Pour que la dette cesse d'augmenter en part du PIB en 2032, il faudrait améliorer le solde primaire de 147 Md€ cette année-là (4,1 points de PIB), soit 4 687 € par ménage. À titre d'ordre de grandeur, cela représente l'un ou l'autre des leviers suivants :
| Levier (chacun seul) | Équivalent |
|---|---|
| point de TVA au taux normal (20 % → 21 %) — rendement 7,5 Md€ (2025), Direction générale du Trésor | 16,3 points |
| point de CSG sur tous les revenus — rendement 17,9 Md€ (2025), Direction de la Sécurité sociale | 6,8 points |
| baisse de 1 % de toutes les pensions de retraite (370 Md€ versés en 2023) — rendement 3,7 Md€ (2023), DREES | 31,2 % des pensions |
Rendements indexés sur la croissance du PIB jusqu'en 2032, sans effet de comportement ni effet sur la croissance. Ce sont des comparaisons, pas des recommandations : d'autres combinaisons de recettes et de dépenses sont possibles.
Quatre signaux à suivre
- La dette rapportée au PIB se stabilise-t-elle avant 2032 ?NonElle augmente encore de 4,1 points de PIB en 2032.
- Le déficit repasse-t-il sous 3 % du PIB, comme le prévoit la procédure européenne d'ici 2029 ?NonLe déficit reste au-dessus de 3 % jusqu'en 2032 (7,6 %). Sources : Conseil de l'Union européenne, Commission européenne, Union européenne.
- Le taux d'intérêt payé dépasse-t-il la croissance de l'économie ?OuiEn 2032, taux apparent 3,7 % contre une croissance en valeur de 2,8 %. La dette grossit alors d'elle-même, sans nouveau déficit.
- Quelle part des recettes publiques part en intérêts ?9,2 %Contre 4,3 % en 2025. Moyenne de l'Union européenne en 2025 : 4,1 % (calcul à partir d'Eurostat). Sources : Eurostat.
Si les prêteurs s'inquiètent : ce que prévoient les institutions
La Commission européenne classe déjà la France en risque élevé à moyen terme ; à politique inchangée, elle projette une dette de 144 % du PIB en 2036 (Commission européenne).
Procédure de déficit excessif : procédure ouverte le 26 juillet 2024, mise en suspens en juin 2026 (« actions suivies d'effets »). En cas de manquement constaté, l'amende peut atteindre jusqu'à 0,05 % du PIB par semestre, après mise en demeure, jusqu'à ce que des actions suivies d'effets soient constatées (Union européenne).
Notes de la dette française au 18/09/2026 : S&P A+ (perspective stable), Moody's Aa3 (perspective négative), Fitch A+ (perspective stable), DBRS AA (perspective négative), Scope A+ (perspective stable) (Agence France Trésor).
La BCE peut acheter les titres d'un pays dont les taux montent de façon « injustifiée » (instrument TPI), à quatre conditions (Banque centrale européenne) :
- Respecter le cadre budgétaire européen : ne pas faire l'objet d'une procédure de déficit excessif, ou ne pas avoir été jugé en défaut d'« action suivie d'effets ».
- Ne pas présenter de déséquilibres macroéconomiques graves (pas de procédure de déséquilibre excessif).
- Avoir une trajectoire de dette soutenable, au vu des analyses de la Commission, du MES, du FMI et de la BCE.
- Mener des politiques saines : respecter les engagements des plans de relance et les recommandations par pays.
Les achats illimités de titres (OMT) supposent un programme du Mécanisme européen de stabilité avec une conditionnalité stricte. (Banque centrale européenne)
Ce qui s'est passé ailleurs
Situations passées, dans des contextes différents. Elles illustrent des mécanismes ; elles ne sont pas des prévisions pour la France.
Italie, 2011
L'écart de taux à 10 ans avec l'Allemagne atteint 575 points de base le 9 novembre 2011 (taux italien à 7,47 %).
Un nouveau gouvernement est formé le 16 novembre ; des plans d'économies et de hausses d'impôts d'environ 5 % du PIB sont adoptés pour 2012-2014, avec une réforme des retraites.
Source : Fonds monétaire internationalRoyaume-Uni, 2022
Après l'annonce de baisses d'impôts non financées le 23 septembre, le taux à 30 ans monte de 130 points de base en trois jours.
La Banque d'Angleterre achète 19,3 Md£ de titres d'État du 28 septembre au 14 octobre ; la plupart des mesures sont retirées et le gouvernement change.
Source : Bank of EnglandGrèce, 2010-2012
Premier programme d'aide de 110 Md€ en mai 2010, avec un ajustement de 11 % du PIB ; pensions au-dessus de 1 400 € réduites de 8 % en moyenne.
En 2012, les créanciers privés acceptent une réduction de 53,5 % de la valeur nominale de leurs titres (environ 105 Md€ effacés).
Source : Fonds monétaire international, Mécanisme européen de stabilité